Ecran d’argile

ecran argile KANDJOURA

rencontre avec Kanjoura Coulibaly, costumier de cinéma
(CLAY SCREEN – encounter with Kandjoura Coulibaly)

de Maria Watzlawick et Romed Wyder

documentaire – 1997 – 53 min. – parlé français
avec sous-titres allemand / anglais
pemière au Festival « Visions du Réel » à Nyon, avril 1997

Générique

réalisation, scénario: Romed Wyder, Maria Watzlawick
image: Romed Wyder
montage, son: Maria Watzlawick
avec la participation de Kandjoura Coulibaly, Djibril Adamo Drabo
Sanon Sanogo, Cheik Oumar Sissoko

Production et distribution

production: Ecole Supérieure d’Art Visuel, Genève
coproduction: Centre National de Production Cinématographique, Bamako
distribution, droits mondiaux: Paradigma Films
soutien financier: DIP du Canton du Genève

Pitch

La confection de costumes de grande beauté, pour un film qui tarde à se faire, témoigne d’une culture raffinée, où le cinéma se meurt faute de soutiens financiers.

Synopsis français

Premier volet du projet « regards croisés » entre l’Ecole Supérieure d’Art Visuel de Genève et le Centre National de Production Cinématographique du Mali.

A Bamako, d’un côté Kandjoura récolte des feuilles et de l’argile pour teindre des tissus, de l’autre, Adama Drabo et toute son équipe attendent le dernier financement qui leur permettrait de commencer le tournage. Entre-temps, les falaises sèchent sous le soleil et on boit du thé.

Ce film suit Kandjoura Coulibaly, artiste peintre de Bamako, qui s’est spécialisé dans les costumes et décors de cinéma au Mali.

A la suite de nombreuses recherches, cet homme a remis au goût du jour la méthode du Bogolan: une teinture naturelle sur coton à base de feuilles et de terre glaise. Passionné par la simplicité de ce processus, écologiste convaincu, il crée la plupart des costumes de cette manière: il part en brousse, récolte des feuilles, les fait sécher, cherche de la bonne argile, la retravaille, enseigne la méthode du Bogolan à de jeunes sans emploi qui lui donnent un coup de main et en même temps apprennent les ficelles d’un métier.

Kandjoura est aussi un amoureux des perles anciennes en pâte de verre de Venise: celles-ci ont servi à échanger des épices, de l’huile et des esclaves: « Nos ancêtres ont dû partir. Gardons au moins les perles qui ont servi à les acheter ». Il recrée des collier d’ambre et de perles qu’il fait porter aux acteurs « pour faire passer l’énergie de nos corps, de notre peuple dans nos images ».

Les cinéastes avec qui il travaille, Djibril Adama Drabo, Cheik Oumar Sissoko, font face de leur côté à de multiples difficultés inhérentes aux productions cinématographiques: manque de matériel, obligation de s’adresser à des bailleurs extérieurs, post-production surfinancée alors qu’ils n’ont pas d’argent pour commencer les tournages.

Et lorsqu’enfin un film est terminé commencent les galères de distribution: l’État a plutôt tendance à vendre les salles de cinéma et laisser des privés en faire des magasins, et le seul distributeur malien Sanon Sanogo se déplace lui-même avec un film sous le bras pour convaincre un exploitant de le projeter, ce qui s’avère être plus cher que les copies usées de films commerciaux étrangers.

Tout ceci resserre les liens et ils ne perdent pas courage. « Il faut être marginal pour être artiste, ici, il faut être fou » dit en substance Kandjoura.

Ce film est issu d’un projet « regards croisés » qui a permis à deux jeunes cinéastes, diplômés de l’Ecole Supérieure d’Art Visuel de Genève, d’effectuer un échange avec deux camarades du CNPC de Bamako du Mali.

Synopsis english

In Bamako, on one side, Kandjoura is collecting leaves and clay to colour materials and on the other side, Adama Drabo and all his team are waiting for the funds which would permit to start shooting his film.
Meanwile, the sun burns the mountains and they drink tea.